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Une initiation à la coopération internationale au Guatemala

En juin dernier, une finissante de la promotion 2009 du Collège François-de-Laval, Mathilde Routhier, participait à un stage d’initiation à la coopération internationale au Guatemala. Pour l’aider à réaliser cette expérience, l’Amicale du Petit Séminaire, l’association des anciens, lui a offert une aide financière. Dans le dernier journal des anciens paru en décembre, Mathilde nous livrait le témoignage de son voyage.

Une initiation à la coopération internationale

Le premier juin dernier, après deux ans de formation chapeautée par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, je partais avec quatre autres filles de mon âge pour deux mois au Guatemala vivre une expérience d’initiation à la coopération internationale.

Pourquoi faire un tel voyage ? Vous connaissez l’envie de vivre une expérience hors du commun, une expérience unique en son genre, une expérience de vie qui en ferait baver plus d’un ? Eh bien, voilà. Il y avait aussi le goût du dépassement, l’influence de personnes que j’admirais et le désir d’accomplissement d’un rêve de petite fille qui écoutait Vision Mondiale le dimanche matin avant les « comics ».

J’ai donc vécu deux mois à Antigua, capitale touristique du dit pays. J’ai passé un mois à Casasito, une maison de bénévoles, où j’ai rencontré des gens de partout dans le monde (Israël, Espagne, Porto-Rico, Irlande, Brésil…) et un mois dans une famille atypique, mais bel et bien guatémaltèque, où les airs de salsa et les saveurs de plusieurs plats typiques de l’endroit envahissaient la maison. Tout au long de ce périple, j’ai été bénévole dans trois projets : Éducarte, une école populaire où je faisais de l’aide aux devoirs avec les huit à douze ans ; Lavosi, une école pour malentendants où je m’amusais avec les plus jeunes alors que les plus vieux jouaient au soccer, et Mariposa-Chouchou, une école populaire avec laquelle notre petit groupe allait faire des activités de conscientisation concernant la protection de l’environnement (pour les adultes) et de stimulation intellectuelles (pour les petits – lecture, bricolage, jeux de groupes, etc.)

Qu’est-ce qui fait de ces voyages des voyages inoubliables ? La fois où nous sommes allées visiter un village pour leur offrir un atelier et que finalement nous nous sommes retrouvées trois plutôt que six dans un « pick up » à la pluie battante et où nous avons réussi à en rire. Aussi, lorsque nous avons su écouter une des membres de notre groupe qui en avait gros sur le cœur pour lui remonter le moral. Puis nous décidé de monter un projet par nous-mêmes et de le réaliser. Sans oublier de simplement prendre le temps de rire avec un enfant… C’est alors qu’on s’interroge : « Mais veux-tu bien me dire ce que je fais ici ? » et puis, plutôt que de s’en faire, nous avons chanté à tue-tête toutes ensemble. Ce furent les plus beaux moments possibles à vivre, car ces moments de bonheur ne dépendaient plus que de notre volonté de les vivre.

Là-bas, j’ai appris à vivre au jour le jour, sans penser au lendemain. J’ai appris à profiter de chaque instant et à ne jamais baisser les bras. Antigua n’est pas la destination la plus dépaysante qui soit. Toutefois, quand nous prenons le temps d’entrer dans le quotidien des gens, nous constatons les différences auxquelles nous sommes confrontées à un moment ou à un autre. Nous prenons alors le temps de les comprendre avant de les juger. Puis, enfin, nous grandissons. Je ne suis pas revenue au Québec en pensant que le Guatemala c’était « vraiment mieux » et je n’ai pas vécu au Guatemala en me disant que nous étions donc bien au Québec. Je crois que chaque endroit a ses points forts et ses points faibles. Maintenant, je tente de garder le positif des deux lieux que j’ai appris à connaître en deux mois ou en dix-neuf ans. Cependant, une chose est sûre : j’ai vécu là-bas des moments d’une richesse indescriptible qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

Je suis partie en étant terrorisée de ce qui m’attendait et je suis revenue en ne comprenant plus très bien de quoi j’avais peur. Alors à tous ceux qui ont à la fois peur et envie de vivre quelque chose de différent, allez-y. Car « le courage consiste à dominer sa peur, non pas à ne pas avoir peur » (François Mitterand) et on peut tous être courageux.

Mathilde Routhier, promotion 2009