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Jean-Simon Létourneau nous raconte son expérience en Inde

Jean-Simon Létourneau, ancien de la promotion 2005, a effectué à l’été 2010 un stage en santé internationale en Inde. Il nous livre ici son témoignage.

L’Inde fascine ou plutôt les Indes fascinent puisque la diversité y règne en maîtresse. Pays de contrastes, l’Inde forge l’imaginaire collectif par la richesse de ses cultures, de ses religions, de ses territoires et de ses peuples. Tous les voyageurs qui ont le privilège d’en être témoins en repartent avec une histoire singulière de ce pays qui se définit d’abord au pluriel. Voici mon histoire, un récit qui porte un regard passionné sur cette société, sur ses richesses et ses défis.

C’est dans ce contexte que je me suis envolé vers l’Inde en juin dernier afin d’accomplir un stage en santé internationale dans le cadre de mes études en médecine. Bien plus qu’une exposition clinique à la médecine indienne, cette expérience se voulait une véritable rencontre interculturelle qui s’annonçait des plus enrichissantes. C’est en compagnie de trois collègues étudiants que je me suis installé dans la ville sacrée de Mathura où nous avons été accueillis par notre partenaire indien NIRPHAD. Dédié à l’amélioration de la qualité de vie des populations marginalisées, cet organisme réalise des projets de développement et ce, autant dans le domaine de la santé, de l’éducation que de l’agriculture.

Cacophonie et chaos sont certainement les deux mots qui traduisent parfaitement mes premiers instants en Inde. Circuler sur la route relève d’un véritable exploit alors que les piétons, les motocyclettes, les vaches sacrées et les rickshaws bondés constituent des obstacles mouvants à travers lesquels nous devons nous faufiler. Ce portrait tumultueux d’une scène de la vie quotidienne reflète bien l’anarchie qui règne dans toutes les sphères de la société indienne. Une anarchie charmante pour l’étranger épris d’exotisme mais harmonieuse pour l’Indien qui se retrouve parfaitement dans ce désordre.

Pendant deux mois, j’ai vagabondé entre l’hôpital communautaire et les dispensaires de villages en suivant les médecins dans leur quête admirable afin de réduire les ravages des inégalités sociales qui divisent cette société. C’est d’ailleurs une médecine réaliste et humble que j’ai découverte à travers des soins qui voguent entre le miracle et l’impuissance. Une médecine à dimension humaine dont une grande majorité d’Indiens est toujours malheureusement privée.

J’ai également eu le privilège de participer à divers projets d’action communautaire qui m’ont permis d’avoir une vision globale du développement humain. Ces initiatives inspirantes permettent entre autres à des villages d’avoir accès à l’eau potable, à des femmes de découvrir l’esprit d’entreprenariat et à des enfants de s’exprimer sur les enjeux locaux qui les touchent.

De plus, ce séjour m’a permis de m’immerger au cœur d’un peuple hospitalier, solidaire, fier et uni. J’y ai découvert une société en pleine effervescence, en pleine évolution où s’entrechoquent les valeurs, les pratiques et les traditions. Tandis que les grandes villes vibrent au rythme des mœurs occidentales, les villages, eux, résistent toujours à cette société nouvelle, axée sur la consommation. Le contraste entre modernité et tradition nous rappelle l’asymétrie de ce développement qui bénéficie principalement aux gens aisés.

Enfin, je tiens à remercier l’Amicale du Petit Séminaire de Québec pour son soutien et son engagement envers les projets qui contribuent à l’épanouissement de ses anciennes et anciens. Ce stage international aura certainement contribué à m’enrichir et à m’ouvrir à la différence tant sur le plan culturel, social que médical. Plus qu’un simple pays à visiter, l’Inde est une terre de rencontres, de réflexions et de contemplation. Je quitte d’ailleurs cette nation inspiré par une citation du Mahatma Gandhi qui fait appel à notre potentiel individuel afin de favoriser notre épanouissement collectif : « Soyez le changement que vous voulez voir dans ce monde ».